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Crédit immobilier

Crédit immobilier : où en sont les taux, et ce qui se négocie encore

Le taux moyen sur vingt ans ressort à 3,31 % hors assurance en août 2026, d’après les barèmes adressés aux courtiers. Un chiffre à manier avec précaution : entre la grille catalogue d’une banque et le taux consenti à un dossier bien monté, l’écart atteint 0,80 point, soit près de 19 000 euros d’intérêts sur un emprunt de 200 000 euros.

Les barèmes constatés en août 2026

Parler du taux de crédit immobilier au singulier n’a guère de sens. Chaque établissement publie une grille, la décline par durée, par profil et par direction régionale, puis la retouche dossier par dossier selon ce que l’emprunteur apporte à côté. Les moyennes reproduites ci-dessous ont été relevées début août sur les barèmes adressés aux réseaux de courtage ; elles servent à situer une proposition, pas à la prédire.

Taux nominaux hors assurance, barèmes constatés en août 2026. Indicatif, non contractuel.
DuréeMeilleurs profilsTaux moyenBarème catalogue
10 ans2,70 – 2,82 %3,02 %3,48 %
15 ans2,85 – 3,00 %3,16 %3,71 %
20 ans3,00 – 3,10 %3,31 %3,84 %
25 ans3,20 %3,43 %3,98 %

L’information utile se loge dans l’écart entre les colonnes plutôt que dans la moyenne elle-même. Sur vingt ans, près de 0,80 point sépare le barème catalogue du taux consenti à un dossier bien noté. Rapporté à 200 000 € empruntés, cela représente de l’ordre de 19 000 € d’intérêts sur la durée. Le chiffre affiché en agence constitue donc un point de départ de discussion, rarement un prix ferme.

3,31 %Taux moyen sur 20 ans, hors assurance
5,29 %Taux d’usure, prêts de 20 ans et plus (T3 2026)
~4 %OAT 10 ans, la référence des banques

Ce qui explique le plateau observé depuis le printemps

Les barèmes bancaires ne se décident pas en vase clos. Les établissements se refinancent sur les marchés, et le coût de ce refinancement suit de près l’OAT 10 ans, le taux auquel l’État français emprunte à dix ans. C’est cet indicateur qu’il faut surveiller, davantage que les communiqués de la Banque centrale européenne.

Le scénario de l’année est vite résumé. L’OAT a touché un creux autour de 3,65 % début juillet, ce qui avait nourri l’espoir d’une nouvelle détente des grilles. Elle est repassée au-dessus de 3,90 % dans les derniers jours du mois, et les directions financières ont aussitôt rangé leurs velléités de baisse. D’où des barèmes quasi immobiles depuis le printemps, qui bougent d’un à cinq points de base d’un mois sur l’autre, dans un sens ou dans l’autre.

La BCE, elle, a maintenu son taux de dépôt à 2,50 % lors de sa réunion de juillet, confirmant la pause engagée dans son cycle d’assouplissement. Rappelons qu’une décision prise à Francfort ne se transmet pas mécaniquement aux crédits immobiliers : elle agit sur le coût de l’argent à court terme, alors qu’un prêt de vingt ans se refinance sur des maturités longues.

À retenir

Tant que l’OAT 10 ans se maintient au-dessus de 3,90 %, une détente marquée des barèmes immobiliers paraît peu probable. Les acquéreurs qui attendent « que ça baisse » risquent surtout de retrouver le même taux six mois plus tard, sur un marché où les prix auront, eux, continué de bouger.

Les six critères qui déterminent un taux individuel

Les voici classés selon leur poids réel dans la décision, tel que le décrivent les courtiers :

Le taux d’usure, ce plafond qui bloque encore des dossiers

Le taux d’usure correspond au TAEG maximal qu’un prêteur est légalement autorisé à pratiquer. La Banque de France le recalcule chaque trimestre à partir des taux effectivement accordés au cours du trimestre précédent, majorés d’un tiers.

Seuils de l’usure applicables aux offres émises du 1er juillet au 30 septembre 2026.
Catégorie de prêtTaux d’usure T3 2026
Taux fixe, 20 ans et plus5,29 %
Taux fixe, 10 à moins de 20 ans4,57 %
Taux fixe, moins de 10 ans4,07 %
Taux variable5,28 %
Prêt relais6,39 %

Le plafond porte sur le TAEG, assurance et frais compris, et non sur le seul taux nominal. Les refus pour usure se concentrent sur trois catégories d’emprunteurs : ceux dont l’assurance est chère en raison de l’âge, d’un antécédent de santé, du tabagisme ou d’un métier exposé ; ceux qui empruntent de petits montants, sur lesquels les frais fixes pèsent proportionnellement plus lourd ; et les montages particuliers, prêt relais en tête.

Cinq points sur lesquels la négociation reste possible

1. Jouer sur la durée avant de discuter le taux

Ramener un emprunt de 200 000 € de vingt-cinq à vingt ans coûte environ 130 € de mensualité supplémentaire et fait économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros d’intérêts. Peu d’emprunteurs y pensent spontanément, alors que l’effet dépasse largement celui d’une négociation sur le taux.

2. Déléguer l’assurance emprunteur

L’assurance représente couramment le tiers du coût total d’un crédit. Chez un emprunteur jeune et non-fumeur, une délégation extérieure divise la facture par deux, parfois par trois. Depuis la loi Lemoine, la substitution est possible à n’importe quel moment du prêt.

3. Consulter trois établissements plutôt qu’un

Une proposition écrite d’un concurrent reste l’argument le plus efficace en rendez-vous. Sur un prêt de vingt-cinq ans, les écarts relevés d’une enseigne à l’autre atteignent jusqu’à 60 points de base selon les régions.

4. Ne pas négliger les frais annexes

Frais de dossier, coût de la garantie, indemnités de remboursement anticipé : ces postes se discutent et pèsent tous sur le TAEG. La suppression des indemnités mérite d’être demandée explicitement, car elles se révèlent coûteuses en cas de revente avant terme, hypothèse loin d’être marginale.

5. Préparer ses relevés de compte en amont

Absence de découvert, aucun rejet de prélèvement, versements d’épargne réguliers et visibles : c’est la première chose qu’examine un analyste. Trois mois de comptes irréprochables avant le dépôt pèsent plus lourd que n’importe quel argument développé en rendez-vous.

Questions frequentes

Les taux immobiliers vont-ils baisser d’ici fin 2026 ?

Aucune prévision ne peut être donnée avec certitude. Le paramètre déterminant reste l’OAT 10 ans, repassée au-dessus de 3,90 % fin juillet. Tant qu’elle s’y maintient, les banques disposent de peu de marge pour abaisser leurs grilles. À court terme, la poursuite du plateau, avec des variations de quelques points de base, constitue l’hypothèse la plus souvent retenue par les professionnels.

Quel est un bon taux sur 20 ans en août 2026 ?

Sous 3,10 % hors assurance, la proposition se situe dans le haut du panier. Entre 3,10 % et 3,31 %, elle correspond à un bon dossier. À partir de 3,50 %, l’emprunteur paie le barème catalogue et conserve donc une marge de discussion.

Le taux affiché comprend-il l’assurance ?

Non. Les baromètres publient des taux nominaux, assurance exclue. Pour comparer deux propositions, il faut se procurer le TAEG, qui intègre l’assurance, les frais de dossier, la garantie et l’éventuelle commission de courtage.

Vaut-il mieux emprunter sur 20 ou 25 ans ?

Sur vingt ans, le taux ressort environ 0,12 point plus bas et le coût total nettement inférieur. Sur vingt-cinq ans, la mensualité diminue et la capacité d’emprunt s’élargit. L’arbitrage dépend du taux d’endettement : dès lors qu’une durée de vingt ans laisse le ratio sous 35 %, elle reste préférable.

Un courtier fait-il vraiment gagner de l’argent ?

Dans bien des cas, oui : il accède à des décotes réservées à ses partenaires et connaît les grilles en vigueur. L’écart entre taux affiché et taux signé se situe fréquemment autour de 8 points de base. Ses honoraires entrent toutefois dans le TAEG et doivent être intégrés à la comparaison.

Faire étudier votre situation

Renseignez votre situation en deux minutes. Un conseiller reprend le dossier, interroge les établissements partenaires et vous rappelle sous 24 heures ouvrées avec des propositions chiffrées.

GratuitSans engagementRappel sous 24 h ouvréesAucune revente de données

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